« Spoliations et réparations du génocide des arméniens »

Ümit Kurt
Mardi 24 mars 2015, pour la première fois de l’histoire, les associations de jeunesse Nazarpek et UGAB Jeunes Paris se sont réunies pour organiser un événement en commun.

Une conférence s’inscrivant dans une démarche et un projet simple : cesser de montrer la Turquie du doigt, en donnant enfin la parole aux acteurs de la société civile turque qui défendent la cause des arméniens.

C’est donc Ümit Kurt, chercheur et historien à l’université Clark aux États-Unis, qui était à la barre, devant une centaine de personnes conquises. Le thème de la conférence : « Spoliations et réparations du génocide des arméniens », sujet on ne peut plus galvaudé, mais malheureusement toujours d’actualité.

Près de deux heures durant, l’universitaire s’est employé à mettre en évidence avec quelle minutie les gouvernements turcs ont tissé, au fil des décennies, le système juridique le plus pervers mais aussi le plus sûr pour empêcher les arméniens spoliés d’obtenir gain de cause, et ce dès 1915.

Le principe exposé par Ümit Kurt est simple : coupables d’avoir abandonné leurs biens en 1915 (lois de 1920 et 1923), d’avoir trahi la patrie turque en ne participant pas à la guerre d’indépendance (1919 – 1922), ou encore d’avoir changé de nationalité sans autorisation, les arméniens ne peuvent légalement plus, du point de vue turc, réclamer leurs biens, malgré les différents traités signés par la Turquie avant celui de Lausanne en 1923. Ces biens et capitaux font la Turquie d’aujourd’hui qui, non contente de nier le génocide de 1915, s’est évertuée et s’évertue à empêcher toute réclamation ou même discussion.

Mardi 24 mars 2015, la jeunesse arménienne était donc présente pour son Histoire. Cette conférence, nous l’espérons, n’est que le début d’un cycle, qui a pour ambition d’impliquer et de travailler avec la société civile turque ; les associations Nazarpek et UGAB Jeunes Paris étant convaincues que le combat doit être aussi mené de l’intérieur.